58 rue Chapon, 75003 Paris
Ouvert du mercredi au samedi
De 14h à 17h30

Exposition

Du 07 au 11 février 2019

Infinite Skulls

Robbie Barrat, Ronan Barrot

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© Avant Galerie
Une rencontre entre un artiste peintre contemporain et un artiste, chercheur, en intelligence artificielle

Les algorithmes rêvent-ils de moutons électriques? Ceux de Robbie Barrat ont l’étrange manie de rêver de crânes. Des crânes qui auraient pu être peints par Ronan Barrot, dont 450 « Crânes » ont été versés à la base de données d’un programme de deep learning, basé sur des réseaux de neurones artificiels (GAN), afin d’apprendre à la machine à produire à l’infini de nouvelles images inédites.
Robbie Barrat produit ainsi des images, des oeuvres, que Ronan Barrot n’a jamais vues mais que sa main aurait pu créer.
L’intelligence artificielle est aujourd’hui capable de créer de nouvelles images.
Les algorithmes développés selon la méthode du deep learning, dont on voit chaque jour les applications sur nos smartphones (reconnaissance faciale, traduction automatique...), ne se contentent plus de reconnaître des données à partir de données déjà connues, ils sont désormais en mesure d’en créer de nouvelles.
La mémoire visuelle d’un algorithme peut accoucher d’images que personne n’a jamais vues, au même titre que celles produites par l’artiste. Se pose alors la question de leur statut : peuvent-elles être considérées comme des oeuvres d’art à part entière ? Sont-elles des inspirations possibles pour l’artiste ? Un algorithme est-il capable de créativité ?

Cette exposition montre que, contrairement à ce que l’on a pu lire dans les médias lors de la vente spectaculaire chez Christie’s, la machine ne crée pas seule. N’étant pas douée de conscience, la machine ne peut penser. N’ayant pas d’intentions, elle n’est pas l’auteur de ses productions. Mais elle ouvre un nouveau champ des possibles en nous questionnant sur l’acte de création en lui-même et sur la valeur des images qu’elle génère.
C’est ce champ des possibles que cette exposition a décidé de mettre en avant, en réunissant deux explorateurs de l’art, et en leur proposant de mettre en commun leur réflexion et leur pratique.
Faire dialoguer la peinture de Ronan Barrot, toute en matière, et l’image numérique de Robbie Barrat, toute en pixels, grâce à une intelligence artificielle, nous semble représenter une manière d’aborder ces questions sans présager toutefois des réponses.
Ces images créent-elles un nouvel espace de création pour Ronan Barrot ou provoquent-elles chez lui une irrépressible envie de les « retravailler » pour se les approprier ? Le peintre peut-il continuer à créer en toute sérénité face à la production d’images à l’infini de la machine ?
Cette exposition entend démystifier le rôle de l’intelligence artificielle dans le processus créatif, en montrant que l’intervention de l’homme est présente à tous les moments cruciaux de son élaboration. Ni magiques, ni sacrées, ces images en provenance de l’intelligence artificielle sont avant tout le fruit d’une intention humaine.
Ronan Barrot pourra bientôt clamer la paternité de 9 milliards de crânes créés par Robbie Barrat ! Nous ne dépassons pas ici les 100 000 milliards de poèmes de Queneau...

Texte de L'Avant Galerie, relu et corrigé par Milan Deroubaix

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